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  • Consultations par téléphone

Ils rencontrent, expliquent, détaillent, précisent, orientent, soutiennent, conseillent, éduquent les patients. Pour répondre à tous ces objectifs, les coordinateur(trice)s de soins oncologiques (CSO) complètent leurs consultations par l'utilisation d'une arme simple et efficace : le téléphone. Voici comment un « Allo » peut résoudre des problèmes... ou simplement rassurer.


En Belgique, il est relativement peu courant d'encourager les patients à téléphoner « à volonté » à un soignant, plutôt que d'aller le rencontrer en cas de problème. Pourquoi faites-vous exception à cette règle ?

Nathalie Legrand (infirmière coordinatrice de soins en oncologie-tumeurs cutanées) : Tout d'abord, nous rencontrons les patients dès la connaissance du diagnostic de cancer. Cet entretien nous permet d'établir un lien avec la personne et avec ses proches. Ce contact est essentiel, car il favorise un climat de confiance et de collaboration, propice à l'adhésion au traitement.

Dans le cadre des consultations de suivi, le téléphone est un élément utile, et parfois très utile, à ce lien créé par le face à face... En effet, l’objectif de la consultation téléphonique est de compléter l’éducation dispensée, d’accroître le bien-être (ce que l'on désigne aussi par le sigle QOL - quality of life) et la sécurité des patients en décelant les risques, complications ou symptômes importants. L'entretien permet également de fournir à l'appelant de l’information en fonction des besoins, des conseils et des recommandations. Et de repérer les besoins psychosociaux.

En quoi le téléphone pourrait-il être une arme utile pour les patients sous immunothérapie ?

Ces dernières années, la prise en charge des patients atteints d’un cancer s’est considérablement modifiée avec le développement de nouvelles molécules d'immunothérapie.

En effet, pour certains malades, elle a apporté un réel espoir de rémission. Cependant, par leur mode d’action, ces traitements peuvent être responsables de la survenue de différentes manifestations de type auto-immunes appelées « effets indésirables liés à l’immunité ».

Il est important d’en informer les patients lors de l’instauration du traitement et de dépister systématiquement ces effets au cours du traitement, afin d'éviter la survenue de lésions définitives et de préserver l’activité anti-tumorale de l’immunothérapie.

Par téléphone, qu'est-il possible de faire ?

Lorsque nous rencontrons le patient, nous lui expliquons le pourquoi de son traitement mais aussi son « comment », avec la posologie à respecter, la manière de prendre les médicaments et l'attention à porter aux effets secondaires. En cas de questions ou de préoccupations concernant un de ces points, la personne sait qu'elle peut nous joindre par téléphone.

Des soins, l'éducation, la gestion des traitements... Par téléphone, n'est-ce pas un peu ambitieux ?

Notre objectif consiste à parvenir à un suivi optimal des patients. Nous sommes formé(e)s à surveiller et à gérer les traitements des patients mais, aussi, à réagir face aux effets secondaires. Dans un grand nombre de cas, nous pouvons répondre aux demandes des patients, y compris par téléphone. En cas d'effets secondaires, ce mode de communication permet de mettre en place au plus vite des solutions adéquates. Bien entendu, nous travaillons en relation étroite avec les médecins. Si besoin est, nous faisons appel à eux et/ou nous orientons directement le patient vers eux.

Pour la personne, en cas de souci, le fait de pouvoir joindre rapidement son référent permet également d'éviter de « ruminer » ou d'ajouter de l'angoisse à sa maladie : des réponses vont lui être données rapidement. Et puis, plus nous pouvons continuer à l'informer, plus elle reçoit de réponses, plus elle augmente les chances de bien suivre son traitement et d'y participer pleinement.

Simple comme un coup de fil...

« Tous les quinze jours à trois semaines, les patients qui bénéficient d'une immunothérapie se rendent à l'hôpital pour recevoir leur traitement, rappelle Nathalie Legrand. Là encore, le téléphone a un rôle dans leur prise en charge. En effet, la veille de l'hospitalisation de jour, l'infirmier(ère) du centre de traitement ambulatoire les contacte. Elle passe en revue avec eux une petite check-list permettant de faire le point sur la tolérance au traitement, de détecter des effets secondaires éventuels (fatigue, diarrhée , dyspnée , toux , variation de poids, etc.) et, le cas échéant, du grade de sévérité de ces derniers.

Ces informations, ajoutées aux résultats de la prise de sang, permettent de s'assurer que le traitement pourra se dérouler le lendemain comme prévu ou bien s'il doit être postposé. »

ONCBE1905473 – approved 09/2019

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