• I-O LIFE
  • COMMENT GÉRER LA FATIGUE ?

La fatigue est une plainte fréquente des patients sous immunothérapie. D’où vient-elle ? Quelles sont ses causes ? Que pouvez-vous faire pour la diminuer ? Réponses.


 

Comme tout traitement, l’immunothérapie peut entrainer des effets secondaires. La fatigue est l’un d’eux (1). En effet, l’immunothérapie stimule l’immunité. Ce surcroit de travail immunitaire entraîne des réactions inflammatoires qui sont fatigantes pour l’organisme.

De plus, d’autres effets secondaires de l’immunothérapie peuvent causer de la fatigue. Exemples : « L’immunothérapie est susceptible de provoquer une hypothyroïdie ou avoir des effets délétères sur le foie (hépatotoxicité) », explique Sylvie Lambin, CSO au service d’oncologie thoracique des Cliniques universitaires Saint-Luc. « Des affections qui se manifestent parfois par une fatigue importante. »

CONSEIL N° 1 : SIGNALEZ VOTRE FATIGUE À L’ÉQUIPE SOIGNANTE

La fatigue seule n’est pas une raison suffisante pour arrêter une immunothérapie. Par contre, les effets secondaires qui la causent peuvent nécessiter de suspendre le traitement. « Une prise de sang systématique avant chaque traitement permet de surveiller de près certains marqueurs biologiques (2) », poursuit Sylvie Lambin. « Ce qui nous permet de diagnostiquer précocement une hypothyroïdie et/ou une hépatotoxicité. Cela dit, les patients sous immunothérapie ne doivent pas attendre leur prochaine consultation pour signaler leur fatigue ou tout autre symptôme inhabituel ! Plus tôt ils communiquent ce genre d’information, plus vite l’équipe soignante peut enquêter sur l’origine de l’effet secondaire… et le gérer au mieux tout en continuant l’immunothérapie. »

CONSEIL N° 2 : PARLEZ-EN À VOTRE ENTOURAGE

De l’extérieur, la fatigue ne se voit pas. Or, elle est plus facile à gérer au quotidien si vos proches en ont conscience. Dites-leur que vous êtes fatigué(e). Et n’hésitez pas à déléguer certaines tâches et à demander de l’aide. Faire des courses, promener le chien, sortir les poubelles, s’occuper du ménage… Bien souvent, votre famille, vos amis, même vos voisins ne demandent pas mieux que de vous donner un coup de main !

CONSEIL N° 3 : REPOSEZ-VOUS

Bien que dormir ne suffise pas toujours, un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité aggrave la fatigue. Au quotidien, adoptez les bons réflexes antifatigue.

  • Faites de bonnes nuits de sommeil.
  • Informez l’équipe soignante d’éventuels troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, insomnie, etc.).
  • Prévoyez une ou plusieurs siestes de maximum 30 minutes et, si possible, avant 15 heures.
  • Identifiez les moments particulièrement fatigants (quand vous revenez de l’hôpital, par exemple) et prévoyez une plage de repos.
  • Faites le tri entre les différentes activités. Privilégiez et gardez votre énergie pour celles qui vous font le plus plaisir. Laissez tomber les autres.
  • Vivez lentement. Faites les choses à votre rythme. Soyez doux(-ce) avec vous-même.

CONSEIL N° 4 : BOUGEZ !

Ménagez-vous… mais sans excès ! En effet, il est essentiel de rester physiquement actif. Car, paradoxalement, l’exercice physique diminue la fatigue oncologique, notamment en favorisant le sommeil. A contrario, trop de repos l’aggrave.

Une activité physique régulière vous fera le plus grand bien, physiquement et moralement. Bouger peut même vous aider à retrouver un certain tonus. Choisissez une activité physique adaptée à vos possibilités et vos goûts. Pratiquez-la en douceur et avec régularité. Bon à savoir : Raviva est un programme d’activités physiques qui a été spécialement conçu pour les patients atteints d’un cancer. Exemples : yoga, aquagym, gymnastique douce, taï-chi, marche nordique, etc.

CONSEIL N° 5 : ACCEPTEZ LA FATIGUE

La fatigue peut diminuer votre qualité de vie et affecter votre moral et votre humeur. Il est donc essentiel d’en tenir compte. Et, donc, de l’accepter. N’oubliez pas que, dans votre situation, elle est normale.


***notes***

  • (1)La fatigue oncologique peut avoir d’autres origines : la maladie elle-même, le type et le stade du cancer, les autres traitements anticancer, l’anémie (faible nombre de globules rouges), les troubles du sommeil, la perte de poids, les déplacements, le stress, l’anxiété, la dépression, etc.
  • (2)Un marqueur biologique est une substance (hormone, plaquettes, globules blancs, etc.) dont le dosage, la mesure permet de suivre l’évolution d’une affection ou d’un phénomène particulier.

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