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CONNAITRE ET COMPRENDRE LES CANCERS ET LEURS TRAITEMENTS

Les cancers du rein


Dans un grand nombre de cas, le cancer du rein est diagnostiqué tardivement. Lorsqu'il s'agit de cancers métastatiques, de récentes études confirment que l'immunothérapie a toute sa place, et même une première place, en combinaison avec un autre traitement.

Voilà un cancer dont les causes sont encore mal connues, mais qui est probablement favorisé notamment par le tabagisme. Avec ses symptômes qui apparaissent souvent tardivement, ou qui sont si généraux qu'ils n'alertent pas immédiatement, le cancer du rein est souvent découvert à un stade déjà avancé, et parfois même « par hasard ». « Dans un tiers des cas, le diagnostic est posé d’emblée au stade métastatique. Dans 40 à 45 % des situations, la tumeur est encore limitée à un stade local (ce qui signifie qu'elle est circonscrite au rein, sans avoir migré vers d'autres tissus ou organes) et, dans environ 25 % des cas, à un stade local avancé, » détaille le Dr Christine Gennigens, oncologue au CHU de Liège.

Sans être rares, ces cancers ne sont pas parmi les plus fréquents. Ainsi, en 2016, sur les 66 604 cancers détectés en Belgique, 1 815 personnes ont été concernées (dont 1 182 hommes) (1). « En moyenne, les patients ont 65 ans lors du diagnostic », précise le Dr Christine Gennigens. Sans grande surprise, le stade de développement de la tumeur et sa dissémination éventuelle déterminent les traitements qui vont être entrepris...

Des traitements « classiques » revisités

« Pour une tumeur localisée, sans métastases, la chirurgie est et reste le traitement de référence utilisé en première intention », explique l'oncologue.

Lorsque l'on se trouve confronté à un cancer métastasé, on recommande d'autres stratégies thérapeutiques, basées sur des traitements médicamenteux. Sur ce plan, la place de l'immunothérapie est en pleine évolution. L'enjeu ? Atteindre la plus grande efficacité possible des traitements en fonction de l'ordre de prescription des diverses médications disponibles.

Un retour sur l'histoire

Dans le cancer du rein, la place de l'IO est loin d'être une nouveauté. « Depuis longtemps, on sait que ces tumeurs sont 'immunogènes', c'est-à-dire qu'elle libèrent et larguent beaucoup d'antigènes tumoraux. Dès lors, cela signifie que notre système immunitaire est susceptible d'être activé, puisqu'il reconnait la présence d'un ennemi dans l'organisme », souligne l'oncologue.

Pour le dire autrement, les cancers du rein constituent de bonnes cibles pour le système immunitaire. Et donc, de bons candidats pour l’immunothérapie...

« Dès les années 1970, des immunothérapies, ou plutôt des immunomodulateurs comme les cytokines ont été utilisés. Dans les années 90, on a employé les interférons et l’interleukine. Ces médicaments peuvent moduler la réponse immunitaire mais, fort toxiques, ils provoquaient souvent des effets secondaires sévères. Ils sont donc tombés en désuétude », constate le Dr Gennigens.

L'apparition de nouvelles immunothérapies a permis de repositionner les choses. Néanmoins, ces dernières années, pour les cancers du rein métastasés, les traitements d'IO n'étaient proposés qu’après échec d’un premier traitement. Or cette stratégie est en train d'être revue et corrigée.

Cancers du rein métastasés : les lignes bougent

Pour les cancers du rein avec métastases, l'objectif consiste à « endormir » la tumeur le plus possible et à éviter sa progression. Pour y parvenir, jusqu'à très récemment, les traitements antiangiogéniques étaient généralement proposés en première ligne. Ces thérapies ciblées visent à empêcher les tumeurs de se « nourrir » grâce à de petits vaisseaux sanguins. L'immunothérapie était prescrite ensuite, en deuxième ligne d'action.

Mais, grâce à des données récentes, issues d’études internationales, une nouvelle approche a vu le jour avec l’administration d’une combinaison de deux immunothérapies en première ligne.

Des résultats très positifs

Avec ce nouveau protocole de traitement, « nous obtenons un impact supérieur sur la survie globale des patients. De plus, les taux de réponses (2) sont également meilleurs, et il y a également davantage de réponses complètes, c'est-à-dire de situations dans lesquelles on ne voit plus du tout la maladie. Cela constitue un point majeur, vraiment important », poursuit l'oncologue.

Par-delà les effets secondaires

Le traitement par IO peut s’accompagner d’effets secondaires, allant du grade 1 (les effets les plus « légers ») au grade 5 (les plus graves).

Ces effets secondaires généraux liés aux IO, « nous les connaissons mieux. En fait, leur gestion est devenue notre quotidien. En réalité, les IO suscitent bien moins d'effets secondaires que les chimiothérapies, par exemple. Mais ils sont imprévisibles, ils varient d’un patient à l’autre, et, lorsqu'ils surviennent (un signe que le système immunitaire « travaille » trop), ils doivent impérativement être détectés à temps, afin d'éviter des conséquences graves, parfois potentiellement mortelles », insiste l'oncologue.

De fait, pour les patients en traitement par IO, une simple diarrhée n'est pas forcément « banale ». « Avec le soutien des infirmières de coordination, les patients sont donc conscientisés au repérage précoce de tout problème. Ils savent qu'ils peuvent toujours nous joindre et que mieux vaut nous appeler trop que trop peu, afin de nous permettre de contrôler le plus tôt possible les effets secondaires », conclut-elle.

Sur de bonnes pistes...

De manière générale, en matière de cancer du rein, « nous venons de réaliser de très bonnes avancées », estime le Dr Christine Gennigens. La nouvelle stratégie que représente le traitement par IO en première ligne devra encore être appréhendée avec les médicaments à venir sur le marché. Les oncologues attendent aussi les résultats de recherches et d'études qui leur permettraient de mieux appréhender enfin quels types de patients sont les plus susceptibles de répondre à tel ou tel traitement et pourquoi, actuellement, ils sont parfois confrontés à des non-réponses. Mais, globalement, assure le Dr Christine Gennigens, « on a déjà énormément progressé ».

***notes***

  • (1)In : site de la Fondation contre le cancer
  • (2)On parle de « réponse » lorsque le traitement agit efficacement sur la tumeur soit en freinant, soit en stoppant sa progression, soit en diminuant son volume.

Dernière mise à jour : 10 septembre 2019.

ONCBE1905473 – approved 09/2019

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