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CONNAITRE ET COMPRENDRE LES CANCERS ET LEURS TRAITEMENTS

Les cancers du rein


Actuellement, l’immunothérapie est utilisée en 2e ou 3e ligne des cancers du rein métastatiques. Plusieurs études sont en cours pour déterminer dans quelle mesure un traitement d’immuno-oncologie pourrait gagner en efficacité s’il est combiné à un autre traitement.

En Belgique, environ 1600 nouveaux cas de cancer du rein sont diagnostiqués chaque année. Bien qu’il puisse apparaitre à tout âge, ce cancer survient particulièrement entre 45 et 60 ans et touche davantage les hommes. « Les tumeurs localisées (1) sont traitées par chirurgie », explique la Dr Christine Gennigens, oncologue au CHU de Liège. « Quant aux cancers du rein métastatique, on les traite d’abord souvent par antiangiogéniques. Ces thérapies ciblées s’attaquent aux petits vaisseaux sanguins qui “nourrissent” la tumeur. Si les patients ne répondent pas ou plus à ce traitement, alors on envisage l’immuno-oncologie (IO). »

L’IO dans les cancers du rein métastatiques

En Belgique, il est possible de traiter le cancer du rein métastatique par immunothérapie dès la 2e ligne de traitement. « Nous obtenons 20 % de réponse globale (complètes et partielles) et 35 % de maladie stable (2). Les réponses complètes sont rares. Notre but est donc d’“endormir” la tumeur le plus longtemps possible. Les patients prennent le traitement tant que la tumeur ne progresse pas et qu’aucun effet secondaire non gérable n’apparaît. »
Il n’est actuellement pas possible de savoir à l’avance sur quels patients le traitement d’IO va s’avérer efficace. Un cancer se développe lorsque les PD-1 (présents sur les lymphocytes, qui sont les cellules de défense de l’organisme) et les PD-L1 (présents sur la tumeur) « fraternisent » ou « se liguent entre eux ». Le lymphocyte ne reconnaît alors plus la tumeur comme un ennemi. Les anti PD-1 ont pour but d’empêcher cette liaison entre PD-1 et PD-L1 et de restaurer l’activité du lymphocyte.

Immunité et cancers rénaux

L’approche immunitaire pour traiter les cancers du rein métastatique ne date pas d’hier. « Ces tumeurs sont dites “immunogènes” », explique le Dr Gennigens. « Ce qui en fait de bonnes cibles pour le système immunitaire. Et, donc, de bons candidats pour l’immunothérapie. Dans les années 90, on utilisait les interférons et l’interleukine dans ce but. Ces médicaments pouvaient moduler la réponse immunitaire. Malheureusement, ils provoquaient souvent des effets secondaires sévères. Ils sont donc tombés en désuétude. »

Gérer les effets secondaires

Comparés à d’autres traitements, les effets secondaires de l’IO sont plus rares, mais ils sont particuliers. Le système immunitaire travaille trop contre lui-même. Les toxicités sont donc de type inflammatoire : inflammation de la thyroïde (thyroïdite), rash cutané, colites, etc. « Pour peu que nous les détections tôt, nous pouvons les contrôler, notamment avec des corticoïdes (3) », rappelle le Dr Gennigens. « Si ces derniers ne fonctionnent pas, dans les cas extrêmes, nous pouvons donner des immunosuppresseurs. Mais cela implique d’arrêter le traitement d’IO. »

Que nous réserve l’avenir ?

Plusieurs études d’IO dans les cancers du rein métastatiques sont d’ailleurs en cours. Les chercheurs évaluent notamment la combinaison de 2 médicaments d’IO ou la combinaison d’une immunothérapie avec une thérapie ciblée, par exemple. « Tout l’enjeu est de déterminer la meilleure séquence : dans quel ordre les médicaments seront-ils le plus efficaces ? », commente le Dr Gennigens. Et les cancers du rein localisés ? « Comme la chirurgie donne de bons résultats, l’IO n’a actuellement pas sa place en situation postopératoire. Cela dit, une étude à laquelle le CHU de Liège participe évalue l’IO adjuvant, c’est-à-dire après une chirurgie, pour éviter les récidives, dans les maladies à “haut risque” ».

***notes***

  • (1) Une tumeur est dite localisée lorsqu’elle est circonscrite à l’organe touché (ici, le rein) et n’a pas migré dans d’autres tissus ou organes.
  • (2) La maladie est dite « stable » lorsque la tumeur n’évolue pas, ni dans un sens ni dans l’autre. On parle de « réponse » quand le traitement agit efficacement sur la tumeur, soit en freinant ou stoppant sa progression, soit en diminuant son volume. Une réponse est dite complète lorsque plus aucune trace de la tumeur n’est détectée par les examens. Contrairement à une rémission complète, une réponse complète au traitement ne veut pas dire guérison du cancer.
  • (3) Médicaments dérivés de la cortisone.

Dernière mise à jour : 1er septembre 2018.

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